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L’église Notre Dame des Anges

Entre la plaine et le marais, le voyageur qui vient de Paris vers la mer voit de loin se dresser l’une de ces églises romanes dont le sud de la Loire est riche. Parvenu sur la place du centre bourg, s’il consent à lever les yeux, il s’étonne d’apercevoir une bête monstrueuse dominer la façade et le pignon. Telle est donc dans son aspect sommaire l’église Sainte Marie des Angles où l’Histoire et la légende se rencontrent pour composer l’un des plus beaux monuments religieux du Bas-Poitou…

L’histoire

 tabernacleL’abbaye d’Angles prospère

L’église d’Angles est fondée dans la deuxième moitié du XIe siècle pour être desservie par des ecclésiastiques ayant adopté une vie en communauté selon la règle de St Augustin. On désigne ces religieux d’un genre particulier sous le nom de « chanoines réguliers ». Leur mode de vie s’est répandu au XIe siècle à l’occasion de la fondation de nombreuses églises.

L’église d’Angles est régie dans les premiers temps par un prieur, élu par les chanoines, d’où l’attribution originelle du nom prieuré pour qualifier l’édifice. Les bâtiments étaient identiques à ceux des moines, comprenant un cloître attenant à l’église, une salle capitulaire, un réfectoire, un dortoir

La communauté d’Angles ayant prospéré jusqu’à pouvoir entretenir une douzaine de chanoines, elle est érigée en abbaye au XIVe siècle, date à laquelle le nom d’un premier abbé, Pierre Mesnard, est mentionné.

Le déclin religieux

Malheureusement, cette ère de prospérité n’est qu’éphémère puisque les troupes royales infligent de sérieux dégâts à l’église en 1371 alors que les ravages des Guerres de Religion mettent fin à la vie conventuelle en détruisant les bâtiments de l’abbaye et une partie de l’église vers la fin du XVIe siècle. Le service paroissial n’est alors plus assuré que par deux prêtres séculiers dans une église mutilée alors que les importants domaines de l’abbaye ne sont plus gérés que par des abbés commendataires. Ces abbés, sans fonctions religieuses mais disposant du titre, sont simplement tenus d’assurer au curé sa rémunération, la « portion congrue », et se doivent d’entretenir l’église.

De plus, du fait de l’éloignement de leur lieu de résidence, ils confient la gestion de leurs intérêts locaux à un  » fermier général  » habitant généralement le logis attenant à l’église. Le dernier de ces fermiers généraux fut le père du Général Belliard, une des célébrités Fontenaysiennes.

Ce système perdure jusqu’en 1791, date à laquelle la confiscation des biens ecclésiastiques sonne le glas de l’ancienne abbaye. Il ne reste plus aujourd’hui du lustre passé que la magnifique église abbatiale, devenue église paroissiale.

L’architecture

Dessin - Eglise Notre Dame d'Angles au XIIIème siècle

Dessin – Eglise Notre Dame d’Angles au XIIIème siècle

Malgré son apparente modestie, l’église d’Angles est considéré par les spécialistes comme une des plus remarquables de Vendée. Elle a beaucoup souffert au cours des âges et, de ce fait, subi bien des remaniements. En fait, l’église d’Angles s’est construite en deux phases : d’abord le chevet de l’église, à la fin du XIe siècle, puis le corps de l’église, au début du XIIIe siècle.

Il subsiste de la partie primitive de l’église uniquement le bras droit du transept, la coupole du clocher et la façade qui correspondent à la partie romane. Il est à noter que le chœur et l’absidiole nord ne constituent que des restitutions approximatives du XIXe siècle.

La partie gothique comprend, à l’instar de la cathédrale St Maurice d’Angers, une superbe nef à deux travées sans bas-côtés couverte de deux coupoles nervurées. Cette architecture spécifique constitue un remarquable exemple du style gothique dit angevin ou Plantagenêt*. La largeur de la nef (11,40 m) est exceptionnelle, obligeant à faire supporter les coupoles par d’énormes massifs de colonnes groupées. Ces coupoles étaient autrefois recouvertes de tuiles mais le manque d’étanchéité a obligé à les protéger au XIXe siècle par une toiture charpentée nécessitant une surélévation des murs latéraux de la nef. Quant au sol dallé de la nef, il est surélevé de plus de 1 mètre par rapport au sol d’origine, noyant ainsi les bases originelles des colonnes.

eglise-nef

Au-delà de ses remarquables spécificités architecturales, l’église Notre Dame d’Angles offre des curiosités remarquables :

  • Dans les nervures nord de chacune des travées, nous pouvons apercevoir des statues en pied de deux hommes et une femme, malheureusement décapitées à la suite des guerres de religion qui n’épargnèrent pas la région. Sans qu’aucune preuve tangible ne vienne corroborer cette information, la tradition prétend qu’il pourrait s’agir des généreux donateurs Henri II de Plantagenêt, Aliénor d’Aquitaine et un de leur fils, Richard Cœur de Lion ou Jean sans Terre.
  • Vous ne pouvez plus visiter la crypte dont l’accès se fait par un escalier partant de l’allée centrale de la nef . Sous le carré du transept, on remarquera de part et d’autre les fondations de l’église supérieure jusqu’au clocher. A l’extrémité de la crypte, une seule fenêtre sur trois, orientée à l’est, accentue ainsi le caractère mystérieux d’un lieu dont on dit qu’il était le point de départ de nombreux souterrains.
  • Taillée dans la pierre calcaire, la façade ouest abrite une série de modillons en corniches montrant des visages agréables, pittoresques, hideux, etc., représentant vraisemblablement les vicissitudes du mal et les vertus du bien. Cette façade comportait primitivement trois portails, toujours apparents, dont un seul, celui du centre, était ouvert sur la nef. L’affaissement de terrain qui a fait pencher la façade vers l’avant a obligé le restaurateur à installer deux contreforts en appui le forçant à réduire ainsi le porche d’entrée.

Vous avez percé dans ces lignes quelques secrets de la fabuleuse église d’Angles, édifice classé au nombre des monuments historiques.

En découvrant ce monument du Bas-Poitou, vous ne manquerez pas de vous extasier devant l’esthétisme du style architectural Plantagenêt ou de vous angoisser à la vue des têtes étranges des grimaçants ; mais jamais, Ô non jamais, n’oubliez jamais que (presque !) mille ans vous contemplent…

(Texte réalisé avec la collaboration de Jacques Gorphe et Bernard Chevat)
 
* Le style Plantagenêt
l’architecture Plantagenêt, nous dit le guide vert Michelin, est caractérisée par la voûte bombée (une coupole) sur croisée d’ogives. Sa particularité consiste à poser une clé de voûte élevée de trois mètres au-dessus des clés, des formerets et des doubleaux alors que dans la voûte gothique normale, les clés sont situées sensiblement à la même hauteur.

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